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THERESA
AKLIN-SCHWEIZER
Même si l'on est parfois tenté de dire que les fleurs sont faites pour les femmes, il est des femmes qui sont faites pour les fleurs. C'est le cas de Theresa Aklin qui, depuis des années, plonge son regard dans les espaces opiacés de leurs corolles déployées. Elle y promène sa pensée et ses rêves pour en rapporter de pleines brassées d'images de mers nacrées, de couchers de soleil éternellement déroulés à la surface des océans, les dégradés de grèves poissées d'écume, des ciels et encore des ciels, des franges de nuages, des paysages inventés. " Qu'est-ce qu'une fleur ? ", se demande-t-elle sans relâche. " De quoi et comment est-elle faite ? Y puis-je guérir le mal agrippé à mon âme ? ". |
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"
Cette fleur dont tu cherches à comprendre le sens est peut-être bien un
astre sucré qui danse sur sa tige ", lui répond un papillon dans une caresse
d'ailes. Fleurs vaporisées
par les brumes aurorales, fleurs ouvragées par le ciseau du givre, le
flou des crépuscules et les langueurs abandonnées des après-midi d'automne.
Folles, liliales aux multiples irisations de l'argent fondu, exaltées,
échevelées, rouillées, cireuses, envasées dans la lourde blondeur des
pollens, elles s'ouvrent au bord des nuits comme un sexe de femme dans
un frissonnant baiser de lèvres emperlées de semences. Jean-Pierre CRAMOISAN |
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